Pourquoi il ne faut pas chercher à supprimer les émotions désagréables
- Mélisande Odiard
- 6 août 2025
- 3 min de lecture

Tristesse, peur, colère, honte... Ces émotions désagréables sont souvent vues comme un problème, que l'on cherche à supprimer. Après tout, pourquoi avoir à tolérer des ressentis douloureux et "négatifs" ? Et pourtant, vouloir les supprimer coûte souvent plus cher à long terme que d’apprendre à les accueillir.
En thérapie comportementale et cognitive (TCC), comme en thérapie comportementale dialectique (TCD), on apprend à vivre avec ses émotions sans se laisser submerger. Mais surtout... Sans les supprimer !
Les émotions ont une fonction
Chaque émotion a un rôle : la peur protège, la colère défend nos limites, la tristesse invite au repli et à la réparation. Supprimer ces signaux revient à éteindre une alarme sans chercher la cause. Le problème n’est pas l’émotion en tant que telle, mais ce qu’elle nous fait faire. Par exemple : face à de la colère, plusieurs actions sont possibles. Si l'on part faire une marche vigoureuse dans la forêt pour réguler, ça va. Si l'on tape dans un mur... Ca va moins !
L’évitement émotionnel aggrave la souffrance
On pourrait penser que fuir l'émotion la fait disparaitre. Mais paradoxalement, plus on la fuit, plus elle revient !
C'est un peu comme si on se disait : "ne pense surtout pas à un éléphant rose !". Je parie que dans votre tête, vous voyez apparaître une parfaite image. En écrivant cet article, ça me le fait aussi !
C’est un phénomène bien connu en TCC. Tout ce qu'on évite finit par revenir, un peu comme un boomrang. Les stratégies comme la rumination (suivre ses pensées - qui nous racontent parfois un peu n'importe quoi), la suractivité (prévoir plein de choses à faire sans jamais s'arrêter) ou la consommation excessive de réseaux sociaux soulagent à court terme… mais entretiennent les troubles anxieux ou dépressifs à long terme (Clark & Beck, 2010).
Accueillir sans se laisser submerger
En TCD, on apprend à tolérer les émotions, voire la détresse : traverser une émotion difficile sans l’aggraver. Cela passe par :
l’identification des émotions,
des outils concrets de régulation : c'est bien d'identifier, mais qu'est-ce qu'on fait ensuite ? Une question importante, a laquelle la TCD a plein de réponses !
et des comportements plus adaptés, qui peuvent nous faire du bien ou tout du moins nous aider à "surfer sur la vague".
Il ne s’agit pas de « positiver » ou d’aimer ces émotions, mais d’apprendre à cohabiter avec elles sans qu’elles dictent nos réactions.
Accepter, c’est agir autrement
Accepter une émotion, ce n’est pas se résigner ou l'approuver. C’est reconnaître que c'est là actuellement, que ça se passe en nous en ce moment. Et c'est précieux, car cela nous permet ensuite d'apprendre à choisir comment agir. C’est retrouver du pouvoir sur sa vie, plutôt que d’agir sous la pression émotionnelle.
En résumé
Supprimer une émotion ne fonctionne pas. En revanche, apprendre à l’accueillir, à la comprendre et à la traverser change profondément la manière de vivre. Les TCC et la TCD offrent des outils concrets pour réguler ses émotions et retrouver un apaisement durable.
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